À la fois auteur-illustrateur, illustrateur et peintre, il est né en 1952 à Chantenay-Villedieu dans la Sarthe. Diplômé de l'École Supérieure des Art moderne de Paris, il a créé de très nombreuses pochettes de disques et de CD, des affiches, réalisé beaucoup de travaux de presse et de publicité, un film et surtout une bonne soixantaine d’albums pour la jeunesse dont certains furent traduits en de nombreuses langues.
Inventif, drôle et d'un dynamisme à toute épreuve, il laisse à ses jeunes lecteurs un souvenir inoubliable des animations auxquelles il participe infatigablement, d’Izmir à Trifouilly-les-Oies, toujours avec la même bonne humeur.
Les « embrouilles » graves, il ne les évite pas dans ses livres, mais, par la jubilation évidente de ses dessins et la vivacité fantaisiste de ses croquis d'animaux, « dragounes », rats, moutons, grenouilles, rhinocéros, hérissons ou hippopotames, il évite toute lourdeur didactique. Dans Chacun son look, Racket story et Bistouri Show publiés chez Grasset, il dédramatise, avec intelligence et humour, des sujets de société qui concernent et perturbent les jeunes adolescents, la dictature des marques vestimentaires ou de l'apparence physique et la violence des quartiers.
Il est l'un des dix illustrateurs dont Jean Perrot analyse avec bonheur les carnets dans son étude pour le Cercle de la librairie. Ses carnets le suivent partout, de la Chine à New York, de l’Allemagne en Turquie, de Corée en Italie ou en Angleterre. Il y dessine les architectures et les paysages, les rencontres et les atmosphères, y croque sans ménagement ses hôtes et commensaux, démontrant que le bougre sait fichtrement bien dessiner.
On ne sera pas étonné que ce nouveau Loti ait été séduit par les splendeurs de Topkapi et que la lumière qui filtre à travers les moucharabiehs l’ait fait romantiquement fantasmer sur les ravissants oiseaux qui soupirent dans ces cages dorées : le sérail lui a inspiré une série de peintures à la sensualité lascive, lyriques et poétiques à souhait.
Avide d’explorer des voies nouvelles, il ne manque pas d’abandonner, parfois, l'art figuratif, comme dans sa passionnante relecture de l'Odyssée où formes et couleurs évoquent, de façon saisissante, les voyages et les amours de son grand frère Ulysse.
Janine Kotwica